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Comment l’inflation va-t-elle impacter votre impôt sur le revenu en 2023 ?

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L’inflation est de retour en France, avec un taux de 2,2% sur un an en octobre 2021, selon l’Insee. Ce phénomène, qui se traduit par une hausse générale des prix, a des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des ménages, mais aussi sur leur fiscalité. En effet, l’inflation peut entraîner une hausse implicite de l’impôt sur le revenu, si le barème n’est pas adapté en conséquence. C’est ce que l’on appelle la « dérive fiscale » ou le « glissement fiscal ».

Qu’est-ce que la dérive fiscale ?

La dérive fiscale désigne le fait que les tranches du barème de l’impôt sur le revenu ne sont pas revalorisées au même rythme que l’inflation. Ainsi, si les revenus augmentent moins vite que les prix, les contribuables peuvent se retrouver dans une tranche d’imposition supérieure, sans avoir gagné réellement en pouvoir d’achat. Cela revient à augmenter le taux d’imposition moyen et le montant de l’impôt à payer.

Voici une vidéo relatant ces faits :

Par exemple, si le barème de l’impôt sur le revenu reste inchangé entre 2022 et 2023, un célibataire sans enfant qui gagne 30 000 euros par an en 2022 et qui bénéficie d’une revalorisation salariale de 2% en 2023 (soit 600 euros de plus) verra son impôt sur le revenu passer de 2 546 euros à 2 646 euros, soit une hausse de 100 euros. Son taux d’imposition moyen passera de 8,49% à 8,72%. En revanche, si le barème est revalorisé de 2% également, son impôt restera stable à 2 546 euros et son taux d’imposition moyen à 8,49%.

Comment éviter la dérive fiscale ?

Pour éviter la dérive fiscale, il faut donc que le barème de l’impôt sur le revenu soit indexé sur l’inflation. C’est ce que prévoit la loi depuis 2019, avec une revalorisation annuelle des tranches du barème en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation hors tabac. Ainsi, pour 2023, le gouvernement a annoncé dès juin dernier que le barème serait revalorisé de 1,6%, correspondant à la prévision d’inflation pour 2021.

Toutefois, cette indexation n’est pas suffisante pour neutraliser totalement les effets de l’inflation sur la fiscalité. En effet, elle ne tient pas compte de l’inflation réelle constatée en fin d’année ni de celle anticipée pour l’année suivante. Or, l’inflation peut varier sensiblement d’un mois à l’autre et d’une année à l’autre. Par exemple, si l’inflation atteint 2,5% en fin d’année 2021 et qu’elle reste à ce niveau en 2022, le barème revalorisé de 1,6% pour 2023 sera insuffisant pour éviter une hausse de l’impôt.

Quelles sont les solutions possibles ?

Pour limiter la dérive fiscale liée à l’inflation, plusieurs solutions sont envisageables. La première serait de revoir le mode de calcul de l’indexation du barème, en prenant en compte non pas l’inflation prévue pour l’année en cours mais celle constatée pour l’année précédente. Ainsi, pour 2023, le barème serait revalorisé en fonction de l’inflation réelle de 2021 et non pas de la prévision initiale.

La deuxième solution serait de mettre en place un mécanisme de correction automatique du barème en cas d’écart significatif entre l’inflation prévue et l’inflation réelle.

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